Vos mains glissent au bout de dix minutes de route. La paume chauffe, les doigts se crispent, et le guidon devient inconfortable. Ce n’est pas la moto qui est en cause. Ce sont vos poignées, usées ou mal choisies dès le départ.
Sur une 50cc, on parle beaucoup du moteur, du pot, du variateur. Rarement des deux petits manchons de caoutchouc qu’on tient à chaque trajet. Pourtant, c’est le seul point de contact permanent entre le pilote et sa machine.
Une poignée adaptée change le confort, l’adhérence par temps humide et la précision de pilotage. Une mauvaise poignée fatigue la main et se déchire en quelques mois. Le pire, c’est qu’on confond souvent deux pièces qui n’ont rien à voir.
Ce guide traite des poignées de guidon, ces revêtements que vous serrez. Pour l’accélérateur et la commande de gaz, direction notre dossier sur le tirage rapide 50cc, un sujet totalement différent.
Poignée de guidon ou poignée de gaz : ne confondez plus
Deux pièces, un seul mot
Ce guide
Le revêtement
Le manchon que la main serre. Confort, grip, absorption des vibrations. Pièce d’usure à quelques euros.
Autre dossier
La commande de gaz
Un ensemble mécanique relié au câble et au carburateur. Modifie le moteur, pas le confort.
Notre position : ces deux pièces ne se traitent jamais ensemble. Choisir un grip pour le confort n’a rien à voir avec régler une commande de gaz.
C’est la première source d’erreur, et elle coûte cher au moment de commander. Le mot poignée désigne deux choses distinctes sur une 50cc. Les mélanger, c’est acheter la mauvaise pièce.
Le revêtement de guidon, l’objet de ce guide
La poignée de guidon, c’est le manchon que vos mains serrent. À gauche comme à droite, elle assure le grip, absorbe une partie des vibrations et protège vos paumes. C’est une pièce d’usure, purement liée au confort et à l’adhérence.
On l’appelle aussi grip ou revêtement de poignée. Elle se remplace facilement, sans outil spécialisé, et coûte quelques euros. C’est le sujet de ce dossier du début à la fin.
La commande de gaz, une pièce mécanique distincte
La poignée de gaz, elle, est un ensemble mécanique. Elle actionne un câble relié au carburateur pour doser l’accélération. La modifier touche au comportement moteur, pas au confort de la main.
Notre position assumée : ces deux pièces ne doivent jamais être traitées ensemble. Choisir un grip pour son confort n’a rien à voir avec régler une commande de gaz. Confondre les deux mène à des achats inutiles et à des montages ratés.
Pourquoi vos poignées comptent plus que vous ne le pensez
Le trajet d’une vibration
Un bon grip est le dernier filtre avant votre main.
Le poste de pilotage se juge à l’usage, pas au premier essai. Une poignée médiocre passe inaperçue en concession. Elle se rappelle à vous après vingt kilomètres.
Le seul contact permanent avec la machine
Vos mains restent sur le guidon pendant tout le trajet. Chaque vibration du moteur, chaque secousse de la route remonte par là. Un bon grip filtre une partie de ces vibrations et garde la main détendue.
Un revêtement dur transmet tout. Sur un moteur 50cc qui tourne haut, ces vibrations fatiguent vite. La main se crispe, la précision baisse, et le plaisir disparaît.
L’adhérence par temps humide, un enjeu de sécurité
Un père nous a raconté un épisode marquant. Sous la pluie, sa fille a senti la poignée tourner dans sa main. Des grips d’origine, lisses et vieillissants. Frayeur réelle, sans chute. Le remplacement par des poignées texturées a réglé le problème en dix minutes.
L’adhérence n’est pas un détail de confort. Une main qui glisse sur la commande, c’est une trajectoire ou un freinage moins maîtrisé. Sur une machine conduite à 14 ans, ce point compte autant qu’un bon casque moto 50cc dans la chaîne de sécurité.
Caoutchouc, mousse ou aluminium : quelle matière choisir
Caoutchouc souple
Grip naturel, amorti correct, tenue à la pluie. Le meilleur équilibre confort et durée pour la majorité des pilotes.
Mousse
Légère, toucher doux, bonne absorption des chocs. S’use vite et supporte mal la boue incrustée.
Alu à inserts
Rendu premium et fermeté. Filtre moins les vibrations et coûte plus cher que le caoutchouc.
Pour qui : sur une 50cc roulée tous les jours, le caoutchouc souple prime. Réservez l’alu à une machine d’exposition ou à un usage court.
La matière détermine le confort, la durée de vie et le prix. Aucune n’est meilleure dans l’absolu. Tout dépend de votre usage réel.
Le caoutchouc, le standard polyvalent
Le caoutchouc reste le choix le plus courant, et pour de bonnes raisons. Il offre un grip naturel, amortit les vibrations et résiste à la pluie comme aux lavages fréquents. C’est le bon compromis pour un usage route quotidien.
Sa souplesse varie selon les gammes. Un caoutchouc extra souple offre un confort supérieur mais s’use vite. Un caoutchouc standard dure plus longtemps mais transmet davantage. Le milieu de gamme souple reste le meilleur équilibre pour la plupart des pilotes.
La mousse, légère mais fragile
La mousse mise sur la légèreté et un toucher doux. On la croise surtout sur une moto cross 50cc ou en enduro, où elle absorbe bien les chocs. Son défaut est connu : elle s’use plus vite et supporte mal la boue incrustée.
L’aluminium à inserts, look et fermeté
Les poignées à inserts aluminium combinent caoutchouc et parties métalliques anodisées. Elles habillent le poste de pilotage et donnent un rendu custom. En contrepartie, elles filtrent moins les vibrations et coûtent plus cher.
Notre position assumée : sur une 50cc utilisée tous les jours, l’esthétique alu ne doit jamais primer sur le confort. Un caoutchouc souple bien choisi vaut mieux qu’un insert brillant qui fatigue la main sur trajet long.
Le diamètre, le piège qui bloque le montage
Guidon : deux cotes, jamais une seule
La gauche coulisse sur le tube nu, la droite passe sur la bague d’accélérateur.
Voici l’erreur qui gâche une commande pourtant réfléchie. On choisit la couleur, la matière, la marque, et on oublie la seule cote qui conditionne le montage. Le diamètre.
La règle du 22 et du 24 millimètres
Sur la quasi-totalité des 50cc, le guidon fait 22 mm de diamètre aux extrémités. La poignée gauche se glisse directement dessus, en diamètre intérieur 22 mm. La droite est différente.
La poignée droite vient par-dessus la bague d’accélérateur déjà présente sur le guidon. Elle réclame donc un diamètre intérieur de 24 mm. C’est pour ça qu’une paire correcte mélange les deux cotes : 22 mm à gauche, 24 mm à droite.
Le réflexe avant de commander
Vérifiez que la paire annonce bien 22 mm et 24 mm. Une paire vendue en 22 mm des deux côtés correspond à deux poignées gauches, inutilisables sur l’accélérateur.
Le cas des guidons larges
Certaines 50cc cross ou supermotard 50cc reçoivent un guidon renforcé plus épais au centre. Rassurez-vous : même sur un guidon de 28 mm au milieu, les extrémités restent en 22 mm. Vos poignées standard se montent donc sans problème.
Pensez aussi à la longueur. Un grip trop court laisse une portion de guidon nue, un grip trop long gêne la commande. La cote habituelle tourne autour de 120 mm, mais vérifiez selon votre modèle.
Comment monter vos poignées sans les abîmer
Dix minutes, aucun outil rare
01
Retirer l’ancien
Cutter si vous le jetez, sinon un peu d’air sous le grip. Ménagez la bague d’accélérateur à droite.
02
Lubrifier à l’essence
Un filet à l’intérieur du grip. Elle facilite l’insertion puis s’évapore, sans laisser de jeu.
03
Laisser sécher
Une heure avant de rouler, le temps que le grip se fige fermement en place sur le tube.
À éviter : le liquide vaisselle. Le savon reste gras et laisse la poignée tourner pendant des semaines.
Le remplacement est à la portée d’un débutant. L’opération prend dix minutes et ne demande aucun outil rare. Un détail change pourtant tout dans la durée.
Retirer les anciennes proprement
Coupez l’ancien grip au cutter si vous le jetez. Sinon, glissez un tournevis plat dessous et insufflez un peu d’air ou de produit pour le décoller. Sur la droite, prenez garde à ne pas endommager la bague d’accélérateur.
Le bon lubrifiant fait toute la différence
C’est ici que se joue la tenue dans le temps. Beaucoup utilisent du liquide vaisselle, et c’est une erreur. Le savon reste gras et laisse la poignée tourner pendant des semaines.
Un préparateur nous a donné son truc simple : un filet d’essence à l’intérieur du grip. Nous l’avons testé sur une Derbi Senda du garage. L’essence lubrifie pour l’insertion, puis s’évapore en quelques minutes. La poignée se fixe fermement, sans jeu ni rotation.
Les trois gestes qui comptent
Nettoyez le guidon avant montage. Lubrifiez à l’essence, jamais au savon. Laissez sécher une heure avant de rouler, le temps que le grip se fige en place.
La sécurité sur guidon de cross
En usage tout-terrain intensif, les pilotes ajoutent du fil à freiner pour bloquer le grip. C’est la garantie qu’une poignée ne tournera jamais en pleine action. Un réflexe fréquent chez ceux qui poussent le custom 50cc jusqu’au poste de pilotage. Pour un usage route classique, l’essence suffit largement.
Faut-il des poignées chauffantes sur une 50cc
La question de chaque hiver
Le vrai plus
Une poignée chauffante réchauffe la paume en quelques minutes. Sur les modèles à plusieurs niveaux, on ajuste la chaleur selon le froid. Pour qui roule toute l’année, le confort gagné est net.
La contrainte
Elles puisent sur la batterie. Une petite cylindrée mal alimentée peut se vider. Vérifiez l’alternateur avant d’acheter.
La question revient chaque hiver. Rouler les mains gelées sur le trajet du lycée n’a rien d’agréable. Les poignées chauffantes promettent une solution, mais elles ont des contraintes réelles.
Le confort hivernal, un vrai plus
Une poignée chauffante réchauffe la paume en quelques minutes. Sur les modèles à plusieurs niveaux, on ajuste la température selon le froid. Pour qui roule toute l’année, le gain de confort est net et concret.
La contrainte électrique à anticiper
Ces poignées puisent sur la batterie du deux-roues. Encore faut-il que la 50cc en dispose d’une suffisamment alimentée. Sur ce point, notre dossier sur la batterie de scooter 50cc détaille ce que le circuit peut supporter.
Ce cas revient régulièrement : un acheteur monte des chauffantes sans vérifier son alternateur, et la batterie se vide. Vérifiez la compatibilité avant l’achat. Sur une petite cylindrée mal équipée, l’ajout peut poser problème.
Quand faut-il remplacer vos poignées
Trois signaux, une échéance
Un grip lissé a perdu son adhérence. Ne pas attendre la glissade.
Une poignée n’est pas éternelle. Elle s’use par abrasion, par les intempéries et par la simple pression des mains. Savoir lire ses signes évite de rouler sur un grip dangereux.
Les signes qui ne trompent pas
Un caoutchouc lisse, brillant aux zones de contact, a perdu son adhérence. Des fissures ou un début de déchirure annoncent la fin. Une poignée qui bouge légèrement sur le guidon doit être remontée ou changée sans attendre.
Dans les retours qu’on reçoit souvent, l’usure est sous-estimée. On garde des grips lissés par habitude, jusqu’à la glissade sous la pluie. Le coût d’une paire neuve est dérisoire face au risque.
Une durée de vie variable
D’après 3AS Racing, une paire de poignées caoutchouc tient entre un et trois ans, selon l’usage et le type de conduite. Un usage cross intensif use plus vite qu’un trajet quotidien tranquille. Prévoyez le remplacement comme une pièce d’usure normale.
Vos questions les plus fréquentes sur la poignée moto 50cc
Les poignées 50cc sont-elles universelles ?
Peut-on rouler avec des poignées usées ?
Comment choisir la couleur sans se tromper ?
Faut-il changer les deux poignées en même temps ?
Le réflexe à garder au moment de commander
Une pièce à quelques euros qui change tout le pilotage
Les poignées passent toujours après le moteur et le pot dans les priorités. À tort. C’est le seul contact permanent avec la machine, et le plus simple à améliorer soi-même.
Une poignée médiocre ne se voit pas à l’achat. Elle se sent au bout de vingt kilomètres, quand la main fatigue et que le grip glisse. Changer ses poignées reste l’amélioration la moins chère et la plus immédiate sur une 50cc.
Vérifiez la matière selon votre usage, contrôlez les deux diamètres avant de commander, montez à l’essence et laissez sécher. Trois réflexes simples, et le poste de pilotage change de nature. Reste alors à soigner la commande de gaz, l’autre organe du guidon, pour un ressenti complet.
Sources
- 50factory : guide de choix des poignées de revêtement, matières et souplesse
- AVDB Moto : diamètres 22 / 24 mm et montage à l’essence, poignées alu
- AVDB Moto : poignées caoutchouc et mousse universelles guidon 22 mm
- 3AS Racing : durée de vie, compatibilité chauffante et comparatif de marques
- Atomic Moto : densités simple, double et triple pour cross et enduro
- Equip’moto : gamme Renthal, donuts mousse anti-ampoules
- Speedway : matières, diamètre de guidon et poignées chauffantes
- Maxiscoot : usages route, sport et double densité pour 50cc
Note : selon la situation, certaines valeurs peuvent varier.
Passionné de 50cc et rédacteur en chef du média depuis 2026. Il roule, démonte et teste pièces et équipements pour distinguer le fantasme internet de la réalité terrain, du grip au moteur.